Debarim

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DEBARIM

1. Marc au fil du calendrier biblique

Troisième mois (Sivan)

Jours : 123456789101112131415161718192021222324252627282930

Quatrième mois (Tammuz)

Jours : 123456789101112131415161718192021222324252627

Onzième mois (Av)

Jours : 123456789101112131415161718192021222324252627282930

Douzième mois (Ellul)

Jours : 123456789101112131415161718192021222324252627

2. Exégèse

3. Liturgie

marcm04j16

Marc, mois 4, jour 16

5:25. Et une femme qui était en écoulement de sang (depuis) douze ans
26. et avait beaucoup souffert de beaucoup de médecins * et avait dépensé tout ce (qu’elle avait) chez elle
et n’en avait retiré aucun profit * mais qui allait plutôt de mal en pis

27. ayant entendu parler de Yéshoua * venant dans la foule par derrière a touché son vêtement
28. car elle se disait * Si je touche au moins ses vêtements je serai sauvée

5:25. Et une femme : Selon le comput de BF,
c’est la 2ème femme d’un ensemble de 12, où la belle-mère de Pierre est le début, et Marie-Madeleine « de laquelle il avait jeté dehors 7 démons » (16:9) le sommet ;
Elle forme aussi un trio avec Jaïre, qui la précède, et sa fille, qui la suit (homme, femme, enfant) ;
Elle forme aussi une triade de guérisons avec l’homme Légion et l’enfant, triade qui détaille le premier niveau de la voie spirituelle ;
Cette triade fait elle-même pendant aux sept comparaisons, comme deuxième partie de l'étape (cf. 6:2) ;
Elle est la deuxième d'un ensemble de 7 guérisons +1, septénaire qui fait suite aux cinq guérisons préparatoires d’avant l’appel des Douze ;
On peut la lire aussi comme la septième guérison du groupe des 12+1 guérisons…
Bref, six lectures possibles ! En tradition orale, on essaie de tout construire comme construit Dieu : “Tu as tout réglé avec nombre, mesure et poids” (Sg 11:20). Et quand on a reçu le Souffle Saint, on y arrive avec virtuosité !

Qui était en écoulement de sang : Matthieu dit haimoroousa (Mt 9:20), qu'on traduit “hémoroïsse”, mais il faut voir surtout l'allusion au sang (héb dam), qui constitue l'identité d'un homme (héb. adam). “L’âme (la vie) de la chair est dans le sang”, qui ne doit couler que « pour faire sur l’autel le rite d’expiation pour vos vies » (Lv 17:11). Sinon vous êtes impurs donc exclus. Ainsi la femme qui a ses règles est impure sept jours, elle rend impur jusqu’au soir celui qui la touche elle, son lit ou son siège, et pendant sept jours l’homme qui couche avec elle. Interdite d’accès au temple, elle doit passer, comme le lépreux, par une purification de huit jours (Lv 15:19-32).

Depuis douze ans : Être exclu douze ans est terrible : on voit les limites des lois : ne pouvant tout prévoir, elles prêtent le flan à des interprétations abusives et aliénantes, comme ici où la loi réduit cette pauvre femme au statut de païenne. Mais il faut en voir aussi le sens : la vie coule hors de l’homme depuis sa chute, au lieu d'être versée sur l’autel du sacrifice en expiation de sa vie, et ainsi c’est à tous les impurs que la Loi interdit l’accès à Dieu : « Vous avertirez les israélites afin qu’à cause de leurs impuretés ils ne meurent pas en souillant ma Demeure qui se trouve au milieu d’eux » (Lv 15:31). Or « tout homme est menteur » (Ps 115:2) ; « Corrompus, abominables en toute leur conduite, il n’est aucun qui agisse avec bonté, pas même seul » (Ps 13:1). « Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » (Rm 3:23). Les juifs ont la loi et le culte et croient donc être sauvés par le sang d'animaux (cf. Hé 10:4), mais cette femme qui en est exclue se retrouve à l'égal des païens. Depuis douze ans. Or douze ans, c’est le temps pour l’enfant de devenir pubère, donc adulte. Il est sous le pédagogue de la Loi (Ga 3:24), sous le régime des tuteurs et des intendants (Ga 4:1-3), jusqu’au passage à l’âge adulte, comme dans la guérison suivante, qui fera passer la fille du chef de synagogue de l’état de petite-enfant à l’état de jeune-fille. La femme symbolisant les païens reste donc exclue jusqu'au passage à l'âge adulte de la fillette. Jusqu'au Christ.

26. Et avait beaucoup souffert de beaucoup de médecins : Il faut lire ici plus que la satire des Diafoirus de l’époque : en attendant sa renaissance, l’humanité souffre des conséquences du péché, et les thérapies humaines n’ont fait qu’aggraver ses maux et souffrances. Vient enfin le Christ, vrai médecin (Mc 2:17), disant : « Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands » (Jn 10:8), ceux du moins qui prétendent rendre à l’homme la vie éternelle perdue. “Beaucoup de médecins”, cela signifie comme les pasteurs de Gérasa, l’abondance inefficace, voire dangereuse, des solutions humaines face à l’impureté fondamentale de l’homme, cause de sa mort et de ses maux. Du reste, le médecin ne peut que soigner, c’est Dieu qui guérit, et un bon médecin demandera toujours le secours divin. On notera que les médecins étaient le plus souvent païens, car un juif ne peut rester pur au contact du sang. On voit dans l'Écriture le malade consulter les prophètes (2R 5:3 ; 8:8 ; 20…), quoique le Christ ait reconnu qu’ils étaient sans honneur dans leur patrie (Mc 6:4)…

Et avait dépensé tout ce qu’elle avait chez elle et n’en avait retiré aucun profit : La femme quant à elle a essayé toutes les thérapies, tous les médecins, mettant sa foi en eux au point de se ruiner. Mais la blessure est trop profonde : le sang, c’est la vie, et sa vie s’écoule. Or “Que donnerait un homme en échange de sa vie ?” (Mc 9:37) « Malheur à qui met sa foi en l’homme » (Jr 17:5). L’homme de Gérasa nous montrait les ravages de la volonté propre, la femme quant à elle montre ceux de l’attachement aux biens. Non l’avarice, mais la confiance dans l’argent. Or sa blessure est une besace percée, que nul ne peut combler. En cette femme pleurent tous ceux qui marchent vers la tombe, comme l’Ecclésiaste écrivant son dernier chapitre (Qo 12). Mais son manque est trop profond pour que l’argent le comble : son désir est infini, sa vraie nature est désir de renaissance. « Cherchez d’abord le Royaume et ces choses vous seront ajoutées » (Mt 6:33). Mais l’Homo capax Dei s’est éparpillé dans la multiplicité. « Tu te soucies et t’agites pour bien des choses (“beaucoup de médecins”), une seule est nécessaire » (Lc 10:41-42). Seule l’union à l'unique Dieu peut unifier. « Béni soit l’homme qui se confie dans le Seigneur, dont le Seigneur est la foi » (Jr 17:7).

Mais qui allait plutôt de mal en pis : Plus la bête prise au filet se débat, plus elle s’enserre, et ainsi la vie sans Dieu s’écoule vers la mort. « Nihil nove sob sole, Rien de nouveau sous le soleil » (Qo 1:9), dit l’ecclésiaste, sous-entendu : il y a bien du nouveau, mais pas sub sole : plus haut que le soleil. « A moins de naître d’en haut (ou : à nouveau) nul ne peut voir le Royaume de Dieu » (Jn 3:3). Je note que demain le calendrier biblique ramène la mémoire du veau d’or : intéressant rapprochement entre la femme qui “avait dépensé tout ce qu'elle avait chez elle” et “Ôtez les anneaux d'or de vos femmes et de vos filles et amenez-les moi” (Ex 32:2).

27. Ayant entendu (parler) de Yéshoua : « La foi (vient) de l’écoute, et l’écoute par une parole du Messie » (Rm 10:17). Et le messie Yéshoua vient du plus haut des cieux. Un mouvement de remontée peut alors s’amorcer : « Du plus haut des cieux il est sorti, et le terme de sa course est au plus haut des cieux : rien ne se dérobe à sa chaleur » (Ps 18:7). C’est-à-dire : « La parole qui sort de ma bouche ne revient pas sans effet » (Is 55:11). Ainsi l’écouter est déjà un choix et le début d'un chemin. Le choix est le premier niveau du chemin spirituel. 

Venant dans la foule par derrière : Et là c'est le deuxième niveau, où dans un mouvement persévérant on s’approche et on se mêle au groupe, quelque part on accepte déjà de faire partie d’une nouvelle cité : « J’irai vers le lieu du tabernacle admirable et jusqu’à la maison de Dieu, parmi les chants d’allégresse et d’action de grâce, comme dans la rumeur d’un festin » (Ps 41:5).

A touché son vêtement : Troisième niveau. Elle touche au but car elle a confessé Jésus dans son cœur, et « la foi du cœur obtient le salut » (Rm 10:10).

28. Car elle se disait Si je touche au moins ses vêtements je serai sauvée : Le toucher de sa main traduit celui de son cœur et le vêtement dit la personne qui le porte. Or si Dieu « habite une lumière inaccessible et nul d'entre les hommes ne peut le voir » (1Tim 6:16), c’est par son « Grand-Prêtre, pris d'entre les hommes » (Hé 5:1) que tout passe : « La souveraineté est sur son épaule » (Is 9:5), autrement dit son humanité est le vêtement de sa divinité. « Il est devenu pour ceux qui lui obéissent principe de salut éternel » (Hé 5:9). Et la femme impure, par « l'obéissance de la foi » (Rm 1:5), vient de toucher le principe du salut éternel.

marcm04j16.txt · Dernière modification: 2020/12/22 23:18 de fg